• "Martin Eden" de Pietro Marcello. Un adaptation extraordinaire.

    L'histoire:

    A Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines.

    Martin Eden, c'est le roman culte de Jack London, paru en 1909, roman d'apprentissage, dans lequel un jeune et bel homme, marin des bas-fonds de la société américaine, rencontre par hasard une famille aisée et cultivée ; ce qui va susciter sa vocation d'écrivain autodidacte.

    "Martin Eden" de Pietro Marcello. Un adaptation extraordinaire.

    Pietro Marcello adapte ce récit à Naples, tout en se baladant dans le XXème siècle, de façon symbolique . Il mêle avec talent les références aux années 30 ou 60, avec le sort des ouvriers qui se révoltent .

    On voit l'évolution d'un homme au fil du temps. De sa soif d'apprendre à son talent pour l'écriture, en passant par son perpétuel désir de s'émanciper de tous les courants politiques.

    Martin Eden se méfie de tous les systèmes de pensée, et trouve dans l'individualisme sa raison d'exister. Il possède un côté romantique, idéaliste mais aussi auto-destructeur. 

    "Martin Eden" de Pietro Marcello. Un adaptation extraordinaire.

    La mise en scène de Pietro Marcello est fascinante. On ne peut s’empêcher de penser aux plus grands réalisateurs italiens.  La qualité de l'image, les images d'archives intégrées, la manière dont sont mis en valeur les comédiens.

    Puisque l'on parle des comédiens, on ne peut qu'être bluffer par la performance de Luca Marinelli dans le rôle titre. Son physique et son charisme nous impressionne dès les premières images. 

    Jessica Cressy, qui interprète le rôle d'Elena, captive aussi l'écran par son charme et son élégance naturelle.

    On remarquera également la beauté de Denise Sardisco.

    A noter la qualité des seconds rôles .


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  • "Ad Astra" de James Gray. Le premier grand film de 2019.

     

     

     

    L'histoire:

    L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la

    recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie

    de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant

    en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

    Attention, je tiens à vous mettre en garde, on est très loin ici du simple cinéma

    de divertissement .

    Peu de scènes d'actions, de la lenteur,de la retenue.

    Il suffit de voir les commentaires très contrastés sur Allo Ciné pour comprendre que

    ce film n'est pas fait pour tout le monde. Et c'est tant mieux.

    James Gray a réalisé un film très ambitieux, sur le thème de l'homme et ses capacités

    pour vaincre les peurs, la solitude et l'éloignement, des qualités indispensables à un

    voyage spatiale au limite des possibilités humaines. Une aventure psychologique et

    philosophique,le tout dans un décor de science fiction digne des plus grands films

    du genre

    Mon Père qui est au ciel, à cause de toi je suis chargé de sauver l'humanité.

    Si on y ajoute quelques réflexions personnels du personnage de Roy, fortement inspirés

    de la Bible, on ne peut s’empêcher de se dire que James Gray y a puisé quelques idées

    de son film.

    Mais quitte à s'inspirer, autant le faire dans ce qu'il y a de plus profond.

    Ad Astra sonde l'intérieur d'un homme seul,sur de lui en apparence, mais déchiré et

    torturé par un avenir incertain, un père disparu, une relation compliquée avec son épouse , Eve (tiens, encore la Bible).

    Dans ce voyage au bout de l'univers, mais aussi au bout de l'humain, James Gray offre à Brad Pitt un de ses plus grands rôles avec cet anti-héros qu'est Roy.

    "Ad Astra" de James Gray. Le premier grand film de 2019.

     

     À l’instar de son père qui cherche en vain des preuves de l’existence d’extraterrestres, Roy part à la recherche d’un père absent.

    Tout au long du film il est avant tout question des émotions, de leur gestion, leur refoulement ou au contraire leur compréhension.Au début du film, on nous montre un Roy McBride froid, méticuleux et pragmatique, c’est ce qui fait de lui un bon astronaute, à l’image de son père. Cette distance émotionnelle est un atout qui le sauve et lui permet de survivre dans l’espace. Mais paradoxalement, plus il plonge dans les profondeurs intersidérales, plus il deviendra humain, avec tout ce que cela comporte dans les émotions et des blessures intimes pour  mieux rompre les liens qui le rattachent à une figure paternelle oppressante. Se libérer pour guérir et retourner au seul endroit de l’univers où l’existence a un sens.

    Dans ce film, James Gray se sert plutôt de l’univers de la SF comme d’une métaphore de problématiques profondes comme la quête de soi, le rapport au père et à la religion.

    "Ad Astra" c'est cela : une immense fresque intimiste,mélancolique, profonde et douloureuse.

    A noter aussi la qualité de la musique, assez classique, mais bien en accord avec l'esprit du film.


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  • Le Boss a 70 ans.

    Alors on est bien obligé de fêter son anniversaire.

    Même à une heure tardive, avec quelques minutes de retard.

    Et à très bientôt pour une critique de "Ad Astra", le magnifique film avec Brad Pitt.

     


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  • "Music Of My Life" de Gurinder Chadha. Pas le film de l'année mais...

    Mais un film émouvant. Et puis il y a la musique du Boss.

    L'histoire:

    Nous sommes dans l'Angleterre des années Thatcher .Javed, adolescent d’origine pakistanaise, grandit à Luton, une petite ville qui n’échappe pas au difficile climat social de l'époque (racisme, chomage...). Pour échapper à cet environnement, et à un père très conservateur, il se réfugie dans l’écriture. Mais sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Il est frappé par les paroles des chansons qui décrivent exactement ce qu’il ressent. Javed décide alors de suivre  sa propre route…

    Ce film est tiré d'une histoire vraie, celle de  Sarfraz Manzoor  qui raconte comment la musique de l'interprète de "Born in the USA" a transformé la vie de l'adolescent passionné d'écriture qu'il était .

    Dans le film Sarfraz est devenu Javed. Et s'il est le personnage principal du film, mais la musique de Springsteen, et surtout ses paroles, sont au moins aussi importantes.

    Parmi les qualités du nouveau film de la réalisatrice de "Joue-la comme Beckham", on notera la reconstitution parfaite des années 80 avec les looks improbables de l'époque. Par contre, si l'Angleterre thatcherienne est évoquée, on peut reprocher au film de ne le faire qu'en surface. 

    On voit aussi les difficultés d'une famille pakistanaise tiraillée entre un père très à cheval sur les traditions de ses origines et des enfants qui ont des rêves bien différents.

    A noter la scène de la boite de nuit....de jour.

    Mais la plus grande réussite du film, ce sont les paroles du Boss toujours choisies fort à propos selon la situation que vit Javed dans le film.

    Certains découvriront ici à quel point les textes du Boss sont puissants au point de changer le destin d'un homme.

    A la fin du film, je me suis dit, jamais je n'aurais imaginé qu'un artiste puisse avoir un effet aussi bénéfique sur un être humain.

    Et il semblerait que le Boss n'ait pas eu cet effet que sur le héros de ce film si j'en crois ce commentaire lu sur AlloCiné.

      ."Blinded by the light (pourquoi en avoir changé le titre qui a un sens pour en mettre un autre en anglais ?? Je ne comprendrais jamais...). Une petite pépite que ce film, un film qui fait du bien, plein de nostalgie pour ceux qui comme moi sont de la génération 70-80... Trouver sa voie sans oublier ses racines, réaliser ses rêves même quand cela semble impossible et qu'on a le monde entier contre nous... et puis ce film, il ne faut pas l'oublier, c'est la musique du Boss, Bruce Springsteen, la colonne vertébrale même de ce film, il faut être fan mais pas grave, j'en suis une, définitivement... Découvert sur le tard, ses mots me parlent aujourd'hui comme ils ne m'auraient peut-être pas parlé quand j'avais 15-20 ans, je l'écoute en boucle depuis quelque temps déjà, il n'est jamais trop tard pour découvrir la profondeur de ses textes qui résonnent parfois en nous selon les moments de notre vie, notre vécu ou celui de ceux qui croisent notre route..."


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  • L'antinazisme bien frileux du cinéma américain d'avant guerre.

    Bien sur le cinéma hollywoodien a participé à sa manière à la seconde guerre mondiale en produisant beaucoup de films à partir du moment ou les USA sont entrés en dans le conflit, suite à l'attaque de Pearl Harbour, le 7 décembre 1941.

    Mais auparavant, qu'en était-il de l'attitude de l'industrie du cinéma américain face à l'Allemagne nazie?

    Voici quelques articles qui en disent longs.

    http://www.lefigaro.fr/scope/articles-enquete/2008/11/19/08002-20081119ARTFIG00767-annees-la-warner-s-en-va-t-en-guerre-.php

    https://www.humanite.fr/comment-hollywood-sest-compromis-avec-le-regime-nazi-565970

    https://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Hitler-et-Hollywood-histoire-d-une-collaboration-2014-10-08-1218231

    Il faut dire que parmi les hommes politiques et les élites du pays, tels que Charles Lindbergh ou Henry Ford, on trouvait beaucoup d'admirateurs du régime nazi aux USA dans les années 30.

    Malgré cela, quelques productions ont osé défier cette complicité honteuse..

    Je commencerais par des films que je n'ai pas vu.

    "Les Aveux d'un espion nazi" (1939) de  Anatole Litvak 

    En 1938, la Fédération germano-américaine recrute de plus en plus de membres. Des espions sont parmi eux. Réalisé par Anatole Litvak, qui a fui l'Allemagne quelques années plus tôt, le film est l'un des premiers tourné en Amérique et destiné à persuader une Amérique encore neutre du fanatisme et du danger représenté par les nazis y compris en dehors d'Europe. Il est basé sur des dossiers du FBI et comporte au moins trois aspects : documentaire, propagandiste et scénarisé avec une histoire assez complexe d'infiltration de sympathisants nazis dans les rouages de la société américaine. Cette dernière partie est excellemment menée avec un Edward G. Robinson très convaincant.

    "Agent Double" de Lloyd Bacon (1939).

    Contrairement à beaucoup d'autres mélodrames d'espionnage antérieurs à la Seconde Guerre mondiale, Espionage Agent identifie clairement les méchants comme étant des Allemands. Joel McCrea joue Barry Corvall, le fils d'un diplomate américain récemment décédé. En embarquant dans un train à destination de Berlin, Corvall tente de glisser une mallette bourrée de documents prouvant que les nazis ont infiltré des centres industriels vitaux aux États-Unis. Il est aidé par Brenda Ballard (Brenda Marshall), dont le comportement suggère parfois qu'elle n'est peut-être pas si digne de confiance. Selon la machine publicitaire de Warner Bros., le scénario de Warren Duff était basé sur des événements réels. Immédiatement après les confessions d'un espion nazi du studio, l'agent d'espionnage indiquait assez que Warners avait déclaré la guerre à l'Allemagne bien avant que le président Roosevelt ne l'ait officiellement officialisée.

    "Hitler - Beast of Berlin" (1939) de Sam Newfield .

    À la fin des années 1930, Adolf Hitler avait de nombreux partisans aux États-Unis . Ainsi, lorsque des films comme celui-ci  se sont affrontés contre Hitler, la controverse a été considérable. Initialement intitulé Hitler: La Bête de Berlin, il a été interdit pendant un certain temps. La force du film original pourrait ne jamais être connue car plusieurs scènes clés ont été piratées afin de le rendre moins offensant et donc prêt à être distribué. Depuis lors, le film original a été perdu. Bien qu’il s’agisse essentiellement d’une chronique de l’Allemagne nazie, l’histoire est centrée sur quelques courageux opposants clandestins du régime fasciste qui propagent discrètement la propagande antinazie et conspirent pour renverser le gouvernement. Les dernières parties du film traitent des terribles camps de concentration et de la terrible tentative du héros de s'enfuir en Suisse.

    "The Man I Married" (1940) de Irving Pichel

    Peu avant la Seconde Guerre mondiale, une américaine se rend avec son mari d’origine allemande en vacances en Allemagne. Elle découvre un pays enflammé par la propagande nazie… Produit par Darryl Zanuck, The Man I Married est un film destiné à faire prendre conscience du risque que faisait peser l’Allemagne nazie sur le monde. Tourné au printemps 1940, soit peu après le début de la guerre, le film place son action en 1938 car il se concentre plus sur l’endoctrinement et la fanatisation d’un peuple que sur la guerre proprement-dite. On peut noter quelques images réelles de rassemblements nazis. Le film évoque en outre l’enrôlement de force des autrichiens dans les usines et les camps de concentration. The Man I Married a visiblement été produit rapidement mais il est intelligemment construit et bien fait. L’histoire est simple mais efficace. Le film est facile d’abord et, donc, a du avoir une certaine efficacité. Le discours sous-jacent est étonnamment lucide et clairvoyant.

    Voici maintenant des films que j'ai vu.

    On débute avec une exception, un film britannique, mais lorsqu'on voit qui est le réalisateur, on ne peut l'ignorer.

    "Une Femme disparaît" (1938) d'Alfred Hitchcock.

    "Une Femme disparaît" est l'un des chefs-d'œuvre de la période anglaise d'Hitchcock. L'une de ses nombreuses qualités est de parvenir au parfait dosage entre la gravité du propos et son traitement très léger et second degré. Hitchcock a fait beaucoup plus de films politiques qu'on le croit et "Une Femme disparaît" en est la preuve. Datant de 1939, il est sans aucun doute possible un film antinazi par le biais duquel le réalisateur veut faire comprendre aux anglais qu'ils ne peuvent pas et ne doivent pas tenter de parlementer avec Hitler. On peut même aller plus loin en disant qu'il défend l'idée d'une entrée en guerre contre l'Allemagne. Ainsi, à l'avocat anglais qui se déclare pacifiste, on réplique que les premiers chrétiens l'étaient aussi. Et celui-ci est présenté durant tout le film comme un lâche qui donc refuse le combat mais également de divorcer pour épouser sa maîtresse avec qui il est alors en voyage de peur du scandale et des retombées négatives sur sa carrière. On retrouve également ici un motif récurrent des films du maître du suspense, à savoir qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. Entre une religieuse qui portent des talons hauts, une gentille gouvernante qui est une espionne et un italien à l'air un peu idiot qui est en fait un grand magicien, personne n'est se qu'il prétend être. Mais comme dit plus haut, "Une Femme disparaît" est dans sa forme très léger et drôle. On pense bien sur aux deux anglais qui, alors que l'Europe est au bord de la guerre, ne pensent qu'à rentrer à tant pour assister à un match de cricket mais qui jouent de malchance et sont notamment obligés, à l'hôtel, de partager une chambre, un bout de fromage en guise de dîner et même un pyjama ! On est alors proche du genre burlesque. Mais on retient également les échanges délicieux entre Margaret Lockwood et Michael Redgrave, impeccables. "Une Femme disparaît" est donc au final un film hautement politique caché derrière l'image d'un brillant jeu de piste dans lequel les intérêts des personnages ne cessent d'interférer.

    "3 camarades" (1938) de Frank Borzage.

    Un roman d'Erich Maria Remarque, un scénario cosigné par Francis Scott Fitzgerald, un film produit par Joseph L. Mankiewicz et réalisé par Frank Borzage... Quelle carte de visite ! Le résultat ne déçoit pas. Ils ne sont pas si nombreux les films qui traitent conjointement et habilement de l'amitié et de l'amour, sans tomber dans le sentimentalisme. Ces trois camarades (qui sont en fait quatre avec la jeune femme) sont liés par des sentiments très purs. Il se dégage de cette relation une belle harmonie sensible, naturelle, touchante. Tourné en 1938, en pleine montée en puissance d'Hitler, ce film est aussi un témoignage juste et dramatique sur l'Allemagne d'alors, son climat délétère, sa violence prête à exploser. Pas si courant à l'époque. Autant de raisons pour découvrir et apprécier ce beau mélo historique.

     

     

    Si 3 camarades traite du nazisme en filigrane, on continu avec une autre oeuvre de Frank Borzage, bien plus engagé sur le sujet.

    "The Mortal Storm"(1940) de Frank Borzage.

    Les films hollywoodiens qui ont dénoncé le Nazisme comme une force absolue du mal à éradiquer, ce n'était pas fréquent à une époque où les États-Unis n'étaient pas encore entrées dans le second conflit mondial mais il y en avait déjà quelques-uns. Et un film qui dénonce le nazisme en y expliquant ses mécanismes diaboliques, c'était exceptionnel. Pour résumé, avec tout le lyrisme et l'humanisme qu'on lui connait, Frank Borzage nous montre comment une idéologie néfaste détruit les hommes, tous les hommes, ceux qui sont contre, ceux qui le subissent par la peur, et ceux qui en sont atteints, avec une subtilité et une lucidité que très peu de films de la même période avaient. Un grand Borzage.

    The Mortal Storm a cette inestimable particularité d'être un film américain anti-nazi sorti avant l'attaque de la base de Pearl Harbour, soit avant la déclaration de guerre des Etats-Unis contre l'Axe. Frank Borzage fait preuve d'une lucidité écrasante face à la doctrine inhumaine véhiculée par l'Allemagne hitlérienne des années trente : le brave professeur (non aryen) que tout le monde honorait avec respect se retrouve du jour au lendemain au banc de la société, objet de tous les mépris et toutes les avanies. Nul ne doit se montrer sympathisant des exclus, sous peine d'être exclu soi-même : c'est le cas du personnage toujours probe de James Stewart, allant jusqu'à se faire tabasser par des SA haineux. La scène finale, qui dévoile un Robert Stack reconverti, est d'une sublime subtilité. Le film a certes légèrement vieilli - les décors et miniatures de paysage en carton sont assez naïfs, la poursuite en ski n'impressionne plus personne -, mais le propos pacifique lui donne une supériorité sur de nombreux films de l'époque : sous l'apparence d'une banale mais lumineuse histoire d'un Roméo et d'une Juliette qui se découvrent un amour réciproque, Borzage décrit la petite Allemagne perdue au fond des montagnes, une région perdue mais qui n'échappe pas à la montée de la haine et de la violence meurtrière du nazisme.

     

    "Correspondant 17" (1940) d'Alfred Hitchcock.

    Le second film américain du maître du suspense, après le sublime Rebecca, est un véritable film anti-nazi.

    Si dans le fond, on peut y voir les prémices de la guerre et la vision d'une Amérique peu concernée qui se moque de ce qui se passe en Europe via son personnage principal.

    C'est un film qui incite les américains à être actifs et concernés par la Seconde Guerre mondiale. Hitchcock livre un passionnant thriller sur fond d'espionnage où suspense, tension, action, charme et humour sont au rendez-vous.

    Chasse à l'homme (1941) de Fritz Lang

    Dans un entretien paru dans le New York Word Telegrame du 11 juin 1941, Lang déclarait : "Man Hunt n'est pas un film de propagande -le public n'aime pas la propagande mais des choses intelligentes - mais un film d'aventures sur un arrière plan de nazisme, avec la Gestapo dans le rôle des chasseurs".

    On y trouve cependant un réquisitoire implacable contre les nazis, assassins pratiquant la torture et débarquant à Londres telle la peste. Le plan final de Thornidke sautant en parachute, carabine à la main, bien décidé à en découdre est un appel sans équivoque à la mobilisation.

    Fidèle à ses thèmes plastiques, Lang oppose la ville anglaise civilisée à ses bas fonds, tunnels et souterrains dans lesquels se complaît l'espion. Remarquable utilisation de la broche de Jenny qui sert de pointe de flèche pour défendre Thorndike.

    "Le Dictateur" (1940) de Charles Chaplin.

    On termine avec le chef-d'oeuvre du genre.

    Chaplin est un génie , on ne le répétera jamais assez. La poésie que le muet dégageait est toujours présente ici.La naïveté de son personnage, la musique, le comique,  le dialogue, tout est parfait .

    Et Paulette Goddard interprète son rôle à la perfection.

    Encore une fois, "Le dictateur", comme la majorité des Chaplin, est un hymne à l'humain contre l'inhumain.

    "Le dictateur", à l'instar de beaucoup de Chaplin, est bien sûr un film politique engagé, sorti en 1940.

    Je finirai sur le discours prononcé à la toute fin du film qui reste  une des allocutions les plus touchantes jamais prononcées sur grand écran. Chaplin regarde directement la caméra, et s'enflamme sur des thèmes ultra universels qui, de par leur simplicité, leur évidence, leur universalité, nous touchent de plein fouet. 


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