• L'Allemagne "Schumacher" est de retour.

    Tout le monde connait Harald Schumacher,  l'ancien gardien de but de la R.F.A, qui avait sauvagement  agressé Patrick Battiston un soir de juillet 1982 à Séville lors d'une demi-finale de Coupe du Monde restée dans toutes les mémoires. 

    A cette époque, l'image d'une Allemagne rude et intransigeante n'était pas seulement celle que donnait son équipe nationale.

    Il y a plus de 30 ans dans nos campagnes, il n'était pas rare d'entendre encore parler de l'allemand en des termes qui n'avaient guère changé depuis la fin de la seconde guerre mondiale. 

    Bien sur, à cette époque une grande partie de la population française avait connu la seconde guerre mondiale et il fallait peu de choses, comme un match de football, pour réveiller les vieilles rancœurs.

    Mais avouons que depuis plus de 60 ans l'Allemagne a tout fait pour changer son image, pour devenir un pays "comme les autres". Mais ce qui aura définitivement gommé le passé et ressoudé les liens entre les deux nations, c'est le couple Kohl-Mitterrand.

    Ces dernières années, même la Mannschaft a tenu elle aussi a bouleverser ce coté rugueux en optant pour un jeu beaucoup plus offensif, avec des joueurs issus de l'immigration.

    Mais tout ce travail construit petit à petit depuis des décennies pour redonner une image respectable de l'Allemagne a été sérieusement entamée ces derniers jours.

    En effet, au vu du comportement de ses dirigeants lors des négociations avec la Grèce on est en droit de penser qu'elle a en la circonstance montré son vrai visage .  Auquel cas il faudrait s'interroger sérieusement sur son attachement à l'Europe, et plus grave, sur sa réelle solidarité avec les nations qui en font partie.

    On doit remercier Alexis Tsipras pour au moins une raison, avoir réussi à faire tomber les masques de cette union de pacotille .

    Et au contraire des médias français qui cherchent toujours à protéger tout ce qui vient d'outre-Rhin, la presse allemande n'est pas tendre avec ses dirigeants.

    Car si la ligne dure voulue par Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble a au final été imposée aux grecs, ce n'est pas sans conséquences au niveau diplomatique.

    Jugez plutôt. Selon "Der Spiegel" , "le gouvernement allemand a détruit en un week-end plusieurs décennies de diplomatie". Pour l'hebdomadaire Mme Merkel a imposé un "catalogue des horreurs" destiné à "humilier la Grèce".

     Pour Mathias Müller von Blumencron, du quotidien conservateur "Frankfurter Allgemeine Zeitung", "La ligne est mince entre sauver et punir la Grèce. Cette nuit, cette ligne a disparu".

    Dans le "Süddeutsche Zeitung", journal bavarois de centre-gauche,il est écrit que "Merkel a réussi à raviver l'image d'une Allemagne laide, avare et au cœur sec, qui commençait seulement à s'estomper". "Chaque centime d'aide à la Grèce que les Allemands ont tenté d'épargner devra être dépensé deux ou trois fois dans les prochaines années pour redorer cette image".

    Comme on le voit, la presse allemande comprend bien que l'intransigeance et l’égoïsme montrés par ses dirigeants lors de ces négociations ne sera pas sans conséquences pour son pays .

    Ce retour de l'Allemagne "Schumacher", ou tous les coups sont permis pour gagner, risque de laisser des traces dans l'opinion publique de nombreux pays et pour de longues années .

    Mais allons-y, exigeons du peuple grec encore plus de souffrances alors que l'argent existe, qu'il est dans les paradis fiscaux, dans les banques, ou parmi les grosses fortunes qui refusent la moindre solidarité.

    Plumons ces fainéants de grecs.  Puis demain ils trouverons de nouvelles raisons pour que nous approuvions la mise à mort des portugais, puis des espagnols, puis des italiens......puis NOUS.

    Je ne sais pas pourquoi, tout à coup je pense à ça.

    Et il y aura toujours au moins un traître pour critiquer la France et les français, vous savez celui qui exige qu'on se range systématiquement du coté des allemands.


    votre commentaire
  • "Love and Mercy". Retour sur Brian Wilson, le génie des Beach Boys.

     Tout le monde connait les Beach Boys, ce groupe californien qui est resté célèbre pour avoir chanté les filles, la plage et le soleil. Mais ce serait leur faire injure que de résumer leur carrière à ces seules chansons légères. 

    Dans le film de Bill Polhad consacré à Brian Wilson, l’âme plus que tourmentée du groupe,  on passe très vite sur leurs débuts pour se consacrer principalement à la création de l'album Pet Sounds, considéré comme l'un des tous meilleurs albums de l'histoire du rock. Le film alterne en permanence entre cette période et les années 80, moment ou il va rencontrer le grand amour, celui qui va le sauver d'une mort certaine.

    La réussite de "Love and Mercy", doit beaucoup aux allées et venues incessantes entre les années de création et celles de la reconstruction amoureuse. Ce qui aurait pu nuire à la fluidité de l'histoire devient un atout, une originalité qui surprend agréablement le spectateur.

    Et puis cela permet de mieux comprendre la personnalité de Brian Wilson, de découvrir ce père violent et pervers qui l'a rendu schizophrène dans sa jeunesse, et qui continuait de l'humilier même lorsqu'il était devenu un star mondialement reconnue. On découvre alors que dans les années 80, un docteur tout aussi machiavélique que son père, profitait de sa fragilité mental pour avoir une emprise totale sur lui .

    Ce film nous permet également de découvrir la saine émulation qu'il y avait entre les musiciens de cette époque,  que les Beach Boys n'hésitaient pas à s'inspirer des œuvres des Beatles, et inversement.

    Par exemple, c'est après avoir écouter l'album "Rubber Soul" des Beatles que Brian Wilson décide de se lancer dans le projet fou de "Pet Sounds". Par la suite George Martin, le producteur des Beatles,  dira que jamais "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band " n'aurait vu le jour sans "Pet Sounds". Quant à Paul Mc Cartney, il dira de la chanson "God Only Knows", qu'elle est  « la plus belle chanson d'amour jamais écrite ».

    Au noter que les deux acteurs qui incarnent Brian Wilson réussissent d'excellentes performances.

     Paul Dano, semble tout droit venu des années 60, il est très convainquant en musicien angoissé qui semble à peine sorti de l'adolescence.

    La partition de John Cusack, le Brian des années 80, est vraiment impressionnante . Il est émouvant et extrêmement touchant  dans ce rôle de névrosé amoureux . On comprend qu'une belle veuille le sortir des griffes d'un docteur démoniaque .

    C'est également l'occasion de réentendre quelques unes des plus belles chansons de ce groupe mythique.

    Lorsqu'on voit ce film on se pose également la question de savoir si Brian Wilson serait devenu ce génie s'il n'avait du subir la tyrannie de son père. 

    Mais "Love and Mercy" est aussi, et avant tout, une belle et grande histoire d'amour. Car en effet, que peut-il y avoir de plus beau que de se voir sauvé d'une mort certaine  par l'amour d'une femme ?

    Le manque d'amour a probablement fait de lui un génie, et c'est ce même amour qui l'a sauvé de la mort tout en l'apaisant .

    "Love and Mercy". Retour sur Brian Wilson, le génie des Beach Boys.


    votre commentaire
  • T

    Avant de connaitre le résultat du référendum grec pour le oui ou le non à la question : «Est-ce que la proposition soumise par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l'Eurogroupe du 25 juin doit être acceptée ?», "Le Parisien/Aujourd'hui en France" publie un sondage sur d'Alexis Tsipras .

    Il est tout d'abord question de sa personnalité. Et sur ce sujet, et malgré le matraquage médiatique contre lui, il s'en sort plutôt bien puisqu'il recueille 48 % de bonnes opinions contre 51 % de mauvaises .

    Bien sur, les clichés employés contre lui par les éditorialistes ultra-libéraux ont aussi leurs effets puisque 67 % des sondés le trouve populiste. Toujours parmi les reproches, nos compatriotes ne sont que 45% à le trouver "compétent" . Ils sont aussi 43% à le juger "dangereux" et 37% "sectaire".

    On aimerait bien savoir combien ils sont à attribuer les mêmes qualificatifs aux dirigeants européens , au FMI et au monde de la finance en général.

    Mais si le personnage inquiète, il séduit aussi dans l'opinion française.

    C'est avant tout sa volonté, son courage, sa résistance, ses convictions, qui sont mis en avant parmi ses qualités. 58% des sondés prétendent qu'il a raison de s'opposer à l'Union européenne . Ils sont 72% à penser qu'il a des "convictions profondes", et 65% qu'il est "courageux".

    Sur le référendum, 78% des français prétendent qu'il va permettre au peuple grec de prendre une décision démocratique sur son avenir .

    Il est évident que sur ce sujet, les français ont encore en mémoire leur "non" de 2005, et le coup de Trafalgar réussit par Sarkozy.

    Bien sur, si le "non" l'emporte ce soir la Grèce risque se souffrir, mais elle saura qu'elle le fait pour garder son identité, sa dignité, son indépendance, et non pour venir gonfler le matelas des banques ou des états bien plus riches qu'elle.

    Bien sur l'attitude démocratique de Tsipras avec le référendum ne plait à personne en Europe. Il suffit d'entendre Michel Sapin pour s'en rendre compte: « Cette manière d’agir pourrait laisser des traces, y compris avec la France », « Ça sera désormais difficile avec lui car il y a un problème de confiance réciproque ».

    On aimerait que Michel Sapin, et le pouvoir français en sa totalité, utilise des termes aussi forts lorsqu'il s'agit d'un pays bien plus puissant qui espionne nos Présidents et nos entreprises.

    On aimerait bien par exemple qu'ils envoient balader le Traité transatlantique, ou qu'ils aient le courage d'accueillir Julian Assange .

    Mais il est plus aisé de faire les gros yeux à la petite Grèce que de résister face  à la puissance américaine.

     


    votre commentaire
  • Tout le monde prend un malin plaisir à faire la morale à La Grèce, et à Alexis Tsipras en particulier. Les grands de ce monde ont enfin trouvé un ennemi commun, un bouc-émissaire, un punching-ball pour de défouler, et surtout pour reporter leur incompétence sur un homme qui n'est seulement au pouvoir que depuis quelques mois. Taper sur les grecs, voilà ce que font le F.M.I, l'union européenne et les banques du matin au soir, et ils sont bien aidés en cela par des éditorialistes pour le moins serviles. Mais tous ces gens semblent oublier que sans la crise mondiale, qui comme chacun semble l'oublier nous vient des USA avec la crise des supprimes, la Grèce, tout comme les autres pays européens d'ailleurs, ne seraient pas dans un état aussi catastrophique. Alors, avant de s'en prendre à un pays, qui certes à commis de nombreuses fautes avec ses gouvernements précédents,il serait équitable de voir d'ou viennent les différentes responsabilités. Les grecs sont des fainéants, les grecs sont des fraudeurs, les grecs ne payent pas d’impôts. Mais ceux qui osent balancer de telles clichés "populistes" sont les mêmes qui refusent de prendre des mesures contre les paradis fiscaux, qui permettent aux grands groupes de payer un minimum d'impôts, qui passent au delà référendums, qui sont scandalisés dès que l'on veut faire payer les plus riches, tout cela encore une fois soutenue par la pensée unique ulltra-libérale qui est sensé nous informer. On peut avoir la nausée lorsqu'on voit une Christine Lagarde faire la morale aux grecs, elle qui sur ordre de Sarkozy a tout arrangé pour que Tapie encaisse plus de 400 millions d'euros. Et que dire de l'Allemagne, ce pays qui a pu renégocier sa dette à plusieurs reprises lors du XXème siècle alors qu'elle avait mis le Monde à feu et à sang. Il ne faut pas oublier non plus de rappeler ce qu'a coûté la réunification allemande à l'ensemble de l'Europe. Mais dire tout cela, c'est faire preuve de germanophobie si l'on en croit la pensée ultra-libérale, celle qui conserve tout sa haine pour la seule et unique Grèce.

    Et si demain un autre pays ose résister à la dictature des marchés, il se verra lui aussi lyncher en place médiatique.

    Heureusement, il existe dans encore dans ce monde des élites pour se ranger du coté de la Grèce . On pense aux prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz et Paul Krugman, qui se rangent du coté du Premier ministre grec qui a choisi de procéder à un référendum. En France , Thomas Picketty est également sur cette ligne . Si vous aussi, vous êtes contre la dictature des marchés qui étouffent le peuple grec, signez cette pétition.


    votre commentaire
  • Jackson Browne nous régale à la Cigale.

    Né  le 9 octobre 1948 à Heidelberg en Allemagne (son père était militaire),   Jackson Browne  sort son premier album, "Saturate Before Using" en 1972 . 

    C'est d'ailleurs lors de cette décennie qu'il produit ses meilleurs disques. On citera " The Late For The Sky" (1974), considéré comme le meilleur par les puristes, "The Pretender",(1976), et "Running On Empty" (1977), son plus gros succès.

    Les années 80 seront moins bonnes,  musicalement surtout.Ne pas oublier tout de même, le "Lives in The Balance" (1986), une charge féroce contre la politique de Reagan. “Je veux savoir qui sont les hommes dans l’ombre, je veux entendre quelqu’un leur demander pourquoi nous devons les croire quand ils nous désignent ‘nos’ ennemis…” . 

    A noter qu'il est le créateur en 1979, avec  Graham Nash, Bonnie Raitt et John Hall, de l’association écologiste "Musicians United for Safe Energy" (MUSE), à l'origine des concerts No Nukes.

    Depuis les années 90 les albums se font plus rares, mais plus fidèles au son d'origine. 

    La musique de Jackson Browne rappelle celle des Eagles,de James Taylor ou encore de Fleetwood Mac. Ne pas oublier cette note mélancolique qui n'appartient qu'à lui, surtout dans ses premiers disques. 

    Il est aussi considéré comme l'un des plus grands songwritter de sa génération. Voici comment il parle de sa façon d'écrire : « “We are the world”, ce n’est pas moi. On peut rarement dénoncer des drames en chansons, mieux vaut écrire un livre ou réaliser un documentaire. Un morceau doit être poétique, touchant, évasif, les phrases signifiantes et entraînantes…" .

    C'est donc cet artiste qui se présentait à La Cigalle jeudi 25 juin.

    Le spectacle est prévu à 19 heures 30, pas une minute de retard, Jackson et son groupe entre en scène et attaque par un morceau des années 90, "The Barricades of Heaven".

    Les musiciens sont excellents, beaucoup d'américains dans la salle sont venus voir un compatriote qu'ils chérissent plus que tout. On comprend rapidement que l'on va passer une très bonne soirée. 

    Le premier morceau du répertoire des années 70 arrive un peu plus tard, ce sera "These Days", il enchaîne avec le magnifique "For a Dancer" .

    Puis arrive "For Everyman", morceau qui va bien faire monter la température, déjà très chaude en cette soirée d'été.

    Et avant l'entracte une chanson que je pourrais écouter en boucle pendant des heures " Fountain Of Sorrow"

    Au retour, il reprend avec "Your Bright Baby Blues", mais aussi des morceaux plus récents.

    Il nous parle de Woody Guthrie, et nous chante un de ses textes qu'il a mis en musique avec Rob Wasserman. Il s'agit de "You Know The Night", qui figure sur son dernier album, "Standing In The Breath".

    On retrouve aussi sur ce dernier disque, très bien accueilli par la critique, l'excellent "The Birds Of St. Marks", un morceau écrit dans les années 60, au son très "Byrds" .  Ce morceau a été écrit en 1967 à New York quand Jackson Browne, alors âgé de dix-neuf ans, accompagnait la chanteuse Nico (Velvet Underground) à la guitare . 

    On a aussi eu droit à ce grand classique, "The Pretender", ici avec ses "vieux amis" David Crosby, Graham Nash et Stephen Stills .

    Et bien sur, il n'était pas question de se séparer sans entendre ça....

    La chanson parfaite pour chauffer le public avant le rappel. Le groupe revient et on a droit à un nouveau moment de bonheur d'une dizaine de minutes.

    (Même si la vidéo n'est pas de qualité, il en faut au moins une du concert de jeudi.)

    Comment se quitter après çà, on en redemande, un second rappel, on l'espère sans trop y croire...et puis;.... il revient.

    Evidemment .

    2 heures 45 de spectacle intense donné par un Artiste de bientôt 67 ans, des musiciens remarquables, et la très bonne soirée se transforme en spectacle inoubliable qui vous laisse comme une sensation de bien être, de ne plus être tout à fait parmi ses contemporains. C'est aussi ça la magie des concerts réussis.

    Le public de La Cigale du 25 juin 2015 va pouvoir chanter tout l'été, voir bien plus, et il se moque de ce qui peut bien se produire lorsque la bise sera venue.


    votre commentaire