• Henri Jeanson, le dialogiste d'Hotel du Nord.

    On reproche bien souvent au cinéma français de ne plus avoir des scénarios et des dialogues digne de ce nom.

    Ah, du temps de Michel Audiard entend-on bien souvent.

    Cependant il serait injuste de d'arrêter en si bon chemin, car si Audiard fut un dialoguiste et scénariste de grand talent, on ne doit en rien oublier l'un de ses grands prédécesseurs, Henri Jeanson.

    Vous ne connaissez pas?

    Mais si , vous connaissez...

    Journaliste, auteur dramatique, dialoguiste et scénariste, Henri Jeanson est né à Paris le 06 mars 1900 .

    Après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné ».

    Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937," Hotel du Nord" et « Entrée des artistes »  en 1938.

    Antimilitariste, après avoir écrit des articles pour le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et signé le tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate »,  il est condamné le 20 décembre 1939, par un tribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu par plusieurs personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. 

    En août 1940 il devient la rédacteur en chef d'« Aujourd'hui », un journal « indépendant ».  En novembre 1940, les autorités allemandes lui ordonnent de prendre publiquement position contre les juifs et en faveur de la politique de collaboration . Henri Jeanson démissionne puis retourne en prison. Il est libéré suite à l'intervention de son ami Gaston Bergery, néoradical passé à la collaboration par ultra-pacifisme. Interdit de presse et de cinéma, il travaille au noir, écrivant des dialogues de films qu'il ne peut signer. . Il reste dans la clandestinité jusqu'à la Libération.

    Ce parcours illustre les contradictions et compromissions du pacifisme intégral . La volonté d'aboutir à une entente avec l'Allemagne pour éviter la guerre se transforme après la défaite en désir de « coexistence » correcte, voire en offre de service. Le journal « Aujourd'hui » était loin d'être innocent dans sa chasse aux responsables de la défaite, dans le recours au mythe du coup de balai purificateur, dans son anglophobie. Il entre en résonance avec le discours du maréchal Pétain, et dans le sens de la propagande allemande. 

    Hélas, ce désir de pacifisme intégral existe toujours de nos jours. L'histoire nous a montré jusqu’où il pouvait mené.

    Henri Jeanson a abandonné le cinéma en 1965 pour se consacrer au journalisme polémique et à la rédaction de ses mémoires, qui seront publiés sous le titre "70 Ans d'adolescence", quelques mois après sa mort. Il meurt à Équemauville (Calvados), le 6 novembre 1970.

    Quelques citations.....

    “L'argot, c'est le latin des affranchis.”

    “Les maris se choisissent les yeux ouverts et les amants les yeux fermés.”

    “Sans la police, tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre.”

    “A mon avis, les généraux qui meurent à la guerre commettent une faute professionnelle.”

    “La guerre, le seul divertissement des rois où les peuples aient leur part.”

    “Les femmes trompent généralement leurs maris avec d'autres maris. Les adultères ont ainsi quelque chose de conjugal, d'honorable, de légal qui mérite la considération générale.”

    “Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme ; et le marxisme, c'est le contraire.”

    “En France, le ridicule ne tue pas. On en vit.”

    “Tout métier qui ne fait pas oublier le travail est un esclavage.”

    “Quand une femme dit la vérité, c'est pour déguiser un mensonge.”

    “Qui nierait que le cinéma sonore nous a fait découvrir le silence ? Le silence est la plus belle conquête du parlant.”

    “On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. Ainsi la Bible, quel chef-d’oeuvre !”

    “Tu ferais un excellent critique. Tu parles fort bien de ce que tu connais mal...”

    ETC.....


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  • Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous avais proposé quelques jeunes filles guitaristes qui n'avaient rien à envier à beaucoup de grateux.

    L'autre jour je suis tombé par hasard sur une nouvelle vidéo....

     

    Plutôt inspirée la Miss non?

    Du coup j'ai voulu trouver d'autres jeunes filles guitaristes....et je suis tombé sur ça.

    Ca devient énervant. Pour terminer.


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  • ABBA pour s'évader.

    J'avais prévu de vous écrire un article sur le candidat à la primaire de gauche le plus lamentable de tous,Benoit Hamon. Je lui avais même trouvé un titre "Benoit Hamon , le candidat du renoncement".

    Mais comme j'essaye de m’intéresser de moins en moins à la médiocrité, j'ai par conséquent décidé de renoncer à ce billet.

    Fuir la réalité du présent en se replongeant dans le passé est une solution de facilité que j'aime pratiquer.

    Et puis ce qu'il y a de bien avec le passé, c'est que l'on peut en occulter les mauvais passages pour n'en garder que les meilleurs .

    Afin de fuir ce présent ou l'information prend un malin plaisir à enchaîner les catastrophes, j'ai choisi des images et des sons d'une période ou l'on se disait que l'avenir ne pouvait qu'être plus beau.

    Nous étions dans les années 70, et comme allait le chanter Jane Birkin quelques années plus tard:"ex-fan des sixties, que sont devenues toutes tes idoles" . 

    Et oui, lors de cette nouvelle décennie  les Beatles sont séparés. Bien sur de nouveaux groupes (Pink Floyd et Led Zep), et de nouveaux artistes apparaissent sur la scène rock.

    En France on se débrouille comme on peut. Les radios et télévisions passent en boucle un couple qui fait la promotion des vaches rousses, blanches et noires de ma Normandie.

    En ce mardi 2 avril 1974 j'ai 10 ans lorsque le Président Pompidou décède.

    C'est le samedi qui suit, le 6 avril, que doit se dérouler le Concours Eurovision de la chanson à  Brighton en Angleterre.

    Mais suite aux obsèques de notre Président  le concours est finalement diffusé en France, une semaine plus tard, le samedi 13 avril 1974 . 

    C'est donc ce samedi 13 avril 1974 que le petit garçon que je suis découvre deux jeunes couples venus de Suède.

    Bien sur, à cette époque,  ABBA n'est pas un groupe apprécié dans le monde de la musique .

    Brian Eno, qui fut entre autres le producteur de plusieurs albums de U2, déclarera: « Dans les années 1970, personne n’aurait admis aimer Abba. J’aime Abba. Je les aimais avant, mais je ne l’admettais pas. Le snobisme de l’époque ne le permettait pas. »

    Trop  kitsch, des mélodies trop lisses et sucrées, de la musique pour supermarchés, voici quelques uns des griefs adressés régulièrement à ce groupe .

    Le quatuor a eu beau collectionné les succès pendant une petite décennie rien n'y a fait.

    On peut lire dans le magazine américain Rolling Stone. « En réduisant leurs paroles déjà bien insipides à de totales inepties, Anni-Frid Lyngstad et Agnetha Fältskog sont ainsi libres de déblatérer de leurs voix stridentes, sans se soucier de transmettre une quelconque émotion… ».

    Malgré tant de critiques, comment expliquer le succès du groupe suédois qui 35 ans après sa séparation continue de plaire au public qui le découvre?

    Il est évident qu'ABBA a créé un son nouveau en nous offrant un joli cocktail . De la pop, de la variété, un zeste de rock, de folk aussi, et le tout avec une petite sauce disco, sans oublier des arrangements très réussis. Et le tour est joué.

    On y ajoute l'originalité du groupe formé de 2 couples avec le duo de femmes en chanteuses, et le public ne peut qu'être séduit.

    Leur musique a traversé plus de 4 décennies et elle continue de rencontrer un grand succès, y compris avec les nouvelles générations.

    Pas mal pour un groupe qui fabrique une musique de supermarchés.

    Rien à voir, mais comment se fait-il que les souvenirs que nous nous construisons soient plus beaux que leur réalité?


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  • Macron, l'homme qui déteste le peuple.

     

    Souvenez-vous de la sortie du Ministre de l'économie en septembre 2014 lorsqu'il avait qualifié les ouvrières de l'abattoir de Gad, dans le Finistère, de simples "illettrées".

    Le nouveau chouchou des médias du monde politique français, depuis la défaite d'Alain Juppé à la primaire de droite, a encore démontré ce week-end qu'il affichait un profond mépris pour le peuple.

    Présent dans le Nord, l'ancien banquier d'affaires a déclaré : "Ici une série de difficultés qui se sont accumulées, la difficulté économique, l'effondrement de la mine (...). Sur cet effondrement il y a eu des problèmes sanitaires et sociaux". "Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d'alcoolisme, l'espérance de vie s'est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale".

    Plus tard, il s'en est pris aux chômeurs: "Je ne veux plus entendre ‘j’ai encore droit de rester un peu au chômage’ ou ‘on ne me propose rien' !".

    Macron montre son vrai visage, un visage de bourgeois qui ne connait rien au peuple, à ces petites gens qui ont construit les fondations de notre pays par leur dur labeur.

    Si l'on vit moins longtemps dans le milieu ouvrier, c'est aussi et surtout à cause des maladies professionnelles, celles que l'on ne connait guère lorsqu’on est un planqué de la banque Rothschild.

    Il est assez drôle de voir les puissants de ce monde brandir l'argument du racisme anti-riches, soutenus par nos plus grands éditorialistes, dès qu'on leur demande de mettre la main à la poche en période de crise. Mais que dire de ces élites (qui se présentent en candidat anti-système, rires), qui insultent le peuple sans que les médias n'y trouvent rien à redire.

    Lorsque je lis les déclarations insultantes contre "la France d'en bas" de la part de la nouvelle idole du milieu journalistique, j'ai le sentiment d'être revenu aux plus belles heures du sarkozysme.


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  • "Birth of the Nation" de Nate parker. Dérangeant et grotesque.

     

    Nathaniel Turner (1800-1831) était un esclave afro-américain vivant dans le compté de Southampton en Virginie. Sa notoriété était liée à son érudition et à sa ferveur particulière pour la religion.

     

    Très vite face aux premières images de "Birth of the Nation", on ne peut s’empêcher de penser à l'excellent   "12 Years A Slave" de "Steve McQueen. Mais très vite aussi, je me suis senti mal à l'aise devant ce film.

    Je n'ai pas envie de vous parler de la réalisation, du jeu des acteurs, de la photo, mais aller directement à ce qui m'a profondément choqué, la manière dont la religion est abordée et utilisée dans ce film.

    Après avoir lu la bible, le héros comprend que les riches propriétaires ne lui avaient enseignés que les passages qui obligeaient les esclaves à rester soumis, mais en découvrant d'autres passages de la bible il se voit en justicier, en bras de Dieu qui doit accomplir la parole divine.

    C'est bien là toute la limite du personnage qui ne possède qu'un minimum de culture.

    Pour lui la Bible doit être appliquer au pied de la lettre, à aucun moment il ne comprend que la parole divine est avant-tout métaphorique.

    Mais plus grave, le réalisateur fait tout pour nous laisser penser qu'il est en accord total avec le comportement de son héros.

     Nate justifie toutes ses actions, bonnes ou non, par la Bible.  Mais lorsqu'il justifie ainsi l'appel au meurtre en série, le film corrobore étrangement cette ligne. A aucun moment personne ne vient l'interroger sur le bien-fondé d'une telle attitude. Pire, tout le monde le suit dans son délire religieux qui le fait profondément ressembler aux fanatiques d'aujourd'hui qui eux aussi aiment tant travestirent les saintes écritures.

    Personne ne peut nier que les maîtres blancs ont commis sur leurs esclaves des actes scandaleux. Mais faut-il pour autant laisser croire aux spectateurs de ce film que la vengeance face à de tels actes est dictée par la bible.

    En agissant ainsi le réalisateur se range du coté de tous les adorateurs de Dieu qui agissent avec barbarie . 

    On voit sur l'écran un illuminé sans qu'à aucun moment le réalisateur ne fasse intervenir un personnage pour le ramener à la raison .

    Pire, Nate Parker fait tout ce qu'il peut pour faire passer son héros pour un véritable prophète.

    Lorsque le pasteur Nat Turner dit qu'il attend un signe de Dieu pour passer à l'action, et que peu de temps après on voit une éclipse, on nous laisse quasiment croire que cette scène est dans la bible . J’exagère à peine.

    Et que dire du final et du chemin de croix de Nat Turner qui le fait passer pour un nouveau Christ.

    A cet instant, de dérangeant le film de Nate Parker devient grotesque.


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