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    L'Aventure de Mme Muir (1947), de Joseph L. Mankiewicz.

    Après le décès de son mari, une jeune et jolie veuve se décide à faire l’acquisition d’une belle demeure en bord de mer, qui a la réputation d’être hantée par un vieux loup de mer. Bravant les avertissements de son entourage, elle s’y installe avec sa fille et sa domestique. Elle ne tarde pas à faire connaissance avec le fantôme en question, avec lequel se noue bientôt une certaine complicité.

    Le génial Mankiewicz signe ici son premier chef-d'oeuvre,un film ou il célèbre les vertus de la rêverie comme art de vivre. Dans ce film totalement inclassable, c'est la supériorité mélancolique du rêve qui l'emporte sur la réalité, c'est le triomphe de ce qui aurait pu être sur ce qui a été .  Tout cela est traité de façon à la fois romantique et ironique, naïf et lucide .

    Le lyrisme visuel et sonore, l'humour le plus inattendu, l'élégance permanente, le romantisme le plus pur, fatalement plus beau que la vie, l'Aventure de Mme Muir est un film exceptionnellement poétique et mélancolique. 

    L'Aventure de Mme Muir (1947), de Joseph L. Mankiewicz.

    Au niveau de l'interprétation Mme Muir est incarnée par Gene Tierney,qui trouve ici l’un des rôles de sa vie après celui de "Laura", le chef-d'oeuvre Otto Preminger. Sa beauté n’a d’égale que son talent, elle est fabuleuse de bout en bout, avec un charme d’une douceur délicate et fragile .

    Dans le rôle du fantôme du capitaine Gregg, personnage à la fois bourru, facétieux et élégant,  on est impressionné par la performance de Rex Harrison .

    Il ne faut pas oublier le toujours parfait George Sanders, et la toute jeune Natalie Wood dans le rôle de la fille de Mme Muir.

    Et si vous ne me croyez pas voici quelques critiques....

    http://www.dvdclassik.com/critique/l-aventure-de-mme-muir-mankiewicz

    http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mankiewicz/aventuremadamemuir.htm

    http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/l-aventure-de-madame-muir.html

    http://www.telerama.fr/cinema/films/l-aventure-de-madame-muir,4542.php

    L'Aventure de Mme Muir (1947), de Joseph L. Mankiewicz.

    Il faut également souligner la sublime partition de Bernard Herrmann, le compositeur  favori d'Hitchcock (Vertigo, Psychose, La Mort aux trousses etc... ), mais aussi de Citizen Kane et Taxi Driver .


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  • C'est en 1968 que David Crosby (ex Byrds), Stephen Stills (ex Buffalo Springfield), et Graham Nash (ex Hollies) décident de former un nouveau groupe. Après la sortie du premier album, ils sont rejoints  par le canadien Neil Young ( ex Buffalo Springfield),  qui poursuivra une carrière solo tout en réintégrant le groupe à diverses reprises.

    Alors que Richard Nixon s'était fait élire en 1968 sur un programme de paix au Vietnam, que l'opinion publique avait compris qu'il n'y aurait pas de victoire possible,  le 30 avril 1970, le Président annonce à la télévision que les troupes américaines ont pénétré au Cambodge .

    A la même période, les mouvements pacifistes sont de plus en plus importants. Dès le 1er mai, des manifestations se déroulent sur la plupart des campus . Ce seront plusieurs millions d'étudiants qui vont se mobiliser pour une grève générale . 

     A Kent dans l'Ohio, les événements vont monter en puissance. Le premier jour on brûle un exemplaire de la Constitution  pour protester contre le fait qu'un pays a été envahi sans qu'une déclaration de guerre ait été approuvé par le Congrès.  

    Le maire de la ville fait fermer les bars de la ville, une décision qui ne fera qu'envenimer les choses.

    Le 4 mai l’ambiance s’échauffe et soudain, la Garde Nationale ouvre le feu à 67 reprises.  On dénombrera quatre décès et neufs blessés graves dont un paralysé à vie.

     

     Même l'Amérique de la "majorité silencieuse", celle qui a élu Nixon pour mettre fin aux "désordres", est choquée par la mort de jeunes étudiants. 

    Neil Young déclarera :  "J'avais le Time sous le nez, ouvert sur la photo de cette fille hébétée devant le cadavre d'un étudiant couvert de sang. C'était sous mes yeux, je n'ai eu qu'à transcrire." 

    La chanson est écrite le matin, enregistrée l'après-midi et publiée dans les plus brefs délais. C'est la première protest song de Neil Young  .

    Dans la chanson Nixon est cité directement comme responsable du massacre. Le titre sera boycotté par la plupart des radios mais est diffusé par la FM, notamment les radios étudiantes.

    Le morceau ayant été écrit et enregistré rapidement, les paroles en sont relativement simples .

    La première phrase, ‘Tin Soldiers and Nixon coming' (‘Des petits soldats et Nixon arrivent') a la particularité de supposer la présence de Nixon lui-même sur place. Bien sur le président n'était pas présent, mais Young veut par là insister sur le fait qu'il le tient personnellement  responsable de ce terrible drame. 

    Il faut également insister sur la musique de cette chanson, sur la force des guitares qui semblent hurler de douleur face à un tel massacre.

     David Crosby aurait pleuré pendant l'enregistrement et on l'entend se lamenter : "Pourquoi quatre ? Pourquoi sont-ils morts ? Combien d'autres ?" 


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    1- La femme au tableau.

    Les 4 derniers films que j'ai vu.

    Maria Altmann, une octogénaire excentrique, confie au jeune avocat Randol Schoenberg une mission des plus incroyables : l'aider à récupérer l'un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d'Autriche. Ce tableau appartiendrait à la famille de la vieille dame et aurait été volé par les nazis. D'abord sceptique, Randol se laisse convaincre quand elle lui raconte sa jeunesse gâchée par l’invasion nazie, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu'à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l'Autriche n'est pas prête à laisser partir sa Joconde. Maria décide d'intenter un procès au gouvernement autrichien...

    Bien aimé ce film, et surtout la prestation d'Helen Mirren. Dommage que la mise en scène soit un peu trop classique.

    Voici la critique d'un spectateur sur Allociné:

    "Le film vaut surtout pour l'incroyable prestation d'Helen Mirren au sommet de son art. Qu'elle plaisir de voir cette grande dame du cinéma et du theatre s'approprier ce personnage, utiliser toutes les ficelles de son talent et parler un anglais parfait avec un accent allemand qui subjugue le spectateur dès qu'elle apparaît. Dommage que la mise en scène ne soit pas à la hauteur de son jeu et que les facilités de scénario et les séquences déjà vu et revu lourdes de sens, les flashbacks pas toujours utiles, parasite notre plaisir. Belle présence de Ryan Reynolds qui a le mérite de ne pas démériter face à ce monstre sacré."

    Ma note: 14/ 20

    2- La Isla Minima.

    Les 4 derniers films que j'ai vu.

    L'Espagne post-franquiste des années 1980. Pedro est un policier progressiste, un parfait démocrate pétri d'idéaux. Juan, son collègue au comportement violent, est un ancien policier du régime fasciste, au passé trouble. Les deux hommes, malgré leurs différences, vont devoir travailler ensemble sur une affaire de meurtre. Ils se rendent en Andalousie où deux adolescentes, considérées comme « faciles », ont été sauvagement assassinées. Alors que la région connaît des violences sociales dues à des révoltes d'ouvriers, les deux policiers vont devoir affronter une situation tendue et tenter de découvrir la vérité au sein d'une société machiste...

    Notre ami Alea Jacta Est nous avait dit le plus grand bien de ce film espagnol cet hiver, mais je crois qu'il était encore en dessous de la vérité. "La Isla Minima" est un grand polar, du niveau des meilleurs américains.

    Voici la critique d'un spectateur sur Allociné:

    "Il y a des films policiers qui se plaisent à manipuler le spectateur, multipliant le rebondissements et les fausses pistes. La Isla mimina préfère nous rappeler ce qui fait le cœur du genre : l'ambiance. Partant d'une histoire somme toute classique de disparition se révélant être un double assassinat, le réalisateur nous plonge dans une Espagne se relevant tout juste du franquisme, au sein d'un petit village d'Andalousie cernés par les marais. Dès les premières minutes on se sent saisi par la moiteur pesante régnant sur les lieux. Il y a les regards, insistants, parfois, souvent fuyants, les secrets, ceux du passés enterrés par la mort de Franco, ceux liés au petits trafiques auxquels certains membres de la communauté s'adonnent, et les autres, il y a la suspicion, également, et surtout l'impression de ne pas toujours être le bienvenu et qu'on ne pressera pas pour venir en aide, pas évident, il faut dire, d'enquêter sur la disparition de deux jeunes filles à la réputation facile dans une société où les femmes n'ont pas encore leur place. Autant de sentiments que le spectateur est amené à partager avec les héros, deux policiers débarqués de la ville pour tirer cette affaire au clair. Le plus jeune est un démocrate, affecté là en guise de représailles après sa critique publique d'un ponte de l'armée, le plus vieux, un petit côté roublard, a fait sa carrière sous la dictature. Ils ont en commun cette soif de vérité qui les poussent à avancer en milieu hostile. On les suit, comme un troisième membre de l'équipe, se laissant happer par une histoire débitée d'un bout à l'autre sans superflu ni baisse de régime, de la maîtrise, seulement. On se laisse à penser aux grandes réalisations étasuniennes du genre, mais c'est bien d'Espagne que nous viens cette bonne surprise. Un des films de l'été à n'en pas douter ! "

    Ma note: 17/20

    3- "La Rage au ventre".

    Les 4 derniers films que j'ai vu.

    Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu'il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s'écroule, jusqu'à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l'entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

    Je suis allé voir ce film sans trop me faire d'illusions. C'est d'ailleurs quelques bonnes critiques qui m'ont convaincu d'y aller. Et au final, malgré quelques scènes un peu trop faciles, je n'ai pas regretté mon choix.

    Voici la critique d'un spectateur sur Allociné:

    "Un film de plus sur la boxe ? Certes. Mais pas uniquement … La réalisation d'Antoine Fuqua sert parfaitement le propos. La gloire, l'argent, l'amour et la descente vertigineuse d'un homme à qui tout souriait. En revanche, le scénario de Kurt Sutter étonne par sa banalité. Le montage particulièrement réussi, la photographie de Mauro Fiore et la bande-son d'Eminem (vu ma détestation du Rap , je ne peux partager cet avis), sont de grands point forts du film. Du casting tout entier se dégage une réelle émotion. Parfois déchirante. Rachel McAdams est absolument parfaite dans ce rôle d'épouse, avant de disparaître tout en restant essentielle pendant toute la durée du film. Le rôle tenu par l'excellent Forest Whitaker aurait mérité un traitement plus approfondi. Jake Gillenhall à la fois pugnace, désespéré, violent ou d'une attendrissante sincérité est remarquable, tant au niveau de son jeu que de son impressionnante transformation physique, dont Hollywood raffole. Aux côtés de la jeune Oona Laurence, l'acteur nous offre de très beaux moments. Tendresse, amour paternel et complicité recouvrée. Il excelle. "

    Ma note: 13/20

    4 -"Nos Futurs".

    Les 4 derniers films que j'ai vu.

    Yann Kerbec est installé dans une vie de cadre bien rangé avec sa jeune épouse. Jusqu'au jour où il retrouve par hasard son ex-pote de lycée Thomas, resté scotché à son époque d'ado loser et qui cumule les petits boulots sans envergure. Lui n'a rien perdu de l'insouciance de leur jeunesse.

    L'amitié, la mort, la famille, l'amour, voici les thèmes qui sont traités dans ce film au titre bien choisi, puisqu'il joue également sur le "no future" de la période punk de la fin des années 70. 

    Le principal reproche que je ferais à ce film, c'est son scénario bancal. Dommage car les personnages sont vraiment très attachants, et puis l'histoire est vraiment originale .

    A noter aussi la remarquable distribution, que ce soit avec les deux personnages principaux comme pour les seconds rôles, avec notamment la pétillante Mélanie Bernier.

    Voici la critique d'un spectateur sur Allociné:

    "Ce film est une superbe surprise ! Le synopsis n'est pas ce que l'on croit, l'histoire pousse beaucoup plus loin qu'une fête à organiser avec leurs anciens camarades. Tout d'abord, les deux acteurs forment un très bon duo, entre un Pierre Rochefort un peu coincé dans sa vie et un Pio Marmai qui est resté bloqué à l'adolescence. On les suit dans leur grand voyage, entre retrouvailles, rigolade, surprise et tristesse. Le film est très entraînant, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Et la dernière partie du film prend une tournure auquel on ne s'attendait pas du tout, et nous fait un véritable choc. On est à la fois triste et heureux, nostalgique de notre propre passé et on en apprend beaucoup sur la vie. Un gros coup de cœur !"

    Ma note: 14/20


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  • Les islamistes tuent les musulmans le jour de l'Aïd . Qui va oser les comprendre?

    Vendredi soir, le groupe Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a tué 14 soldats de l'armée algérienne au sud-ouest d'Alger, dans une embuscade .

    Fier de leur acte, l'AQMI a publié un communiqué qui disait : "Les cavaliers de l'islam ont pu, au soir du premier jour de l'Aïd (fête couronnant la fin du ramadan, samedi) tuer 14 soldats lors d'une embuscade tendue à une section de l'armée dans la zone de Djebel Louh".

    Toujours ce vendredi, c'est cette fois si Daesh qui a commis un terrible attentat-suicide contre une communauté chiite irakienne qui s'apprêtait à célébrer la fin du Ramadan.

     Le principal responsable de la localité Abbas Hadi Saleh a déclaré : "Chaque année (pendant le ramadan), il y a une attaque à la bombe. On nous reproche d'être chiite". Toujours selon lui, l'attentat à la voiture piégée aurait fait au moins 90 morts et 120 blessés, alors que 17 personnes seraient toujours portées disparues. 

    Lorsque des fous similaires tuent sur le sol français, on trouve toujours des âmes plus ou moins bien attentionnés pour les comprendre, les excuser, ou pire encore, pour montrer du doigt ceux qui combattent, s'opposent ou simplement se réunissent contre de telles monstruosités.

    Mais dans le cas présent, on attend qu'ils se manifestent, qu'ils viennent nous donner leur avis éclairé sur le fait que de tels monstres sanguinaires tuent des musulmans un jour si important pour eux .

    Et oui, ou sont les adeptes de la théorie du complot?  Ou est cette jeunesse de France  qui répond à Charlie Hebdo "Il ne faut pas insulter le prophète' ? Ou sont les intellectuels comme Emmanuel Todd....?

    Pourquoi ces gens sont-ils si silencieux lorsque ce sont des musulmans qui sont massacrés par des islamistes?

    Dans le cas présent personne ne vient nous dire qu'il s'agit d'un complot des services secrets français comme aiment le clamer les esprits farfelus qui sévissent un peu partout sur le net. 

    Quant au grand intellectuel Emmannuel Todd, il n'a pas encore trouvé l'étude qui va pouvoir lui permettre de coller cela sur le dos des occidentaux et des français en particulier. Et oui les français, ce peuple éternellement pétainiste avec ces "catholiques zombies".

    Quant aux jeunes écervelés de banlieue ils doivent être un peu perdu. A part reprendre en cœur des clichés du genre "Ils l'on bien cherché, il ne faut pas insulter lle prophète", il ne faut trop leur demander de réfléchir.

    Sont-ils équipés pour comprendre que ce sont leurs frères et soeurs musulmans à travers le monde qui sont avant tout les victimes de cette barbarie qu'ils ont le "courage" de défendre lorsqu'elle se produit sur le sol de France, ce pays ou ils peuvent dire les plus grosses stupidités sans prendre le moindre risque. Car c'est aussi cela la France et la liberté d'expression.

    Ah, si ces crimes gratuits pouvaient les faire réfléchir deux minutes sur leur haine de la France, sur ce pays ou on l'on peut s'exprimer sans crainte, tout cela pour voler au secours de fous furieux qui n'ont qu'un désir, faire d'eux des esclaves. 

    Et pour les complotistes qui pensent qu'internet est le seul outil ou l'on trouve la "vérité", j'ai envie de parodier Coluche  "Si voter changeait quelque chose il y a longtemps que ça serait interdit ". 

    Je vous laisse le soin d'inclure internet à la place de voter.


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  • "Stay Gold" de "First Aid Kit" .  Deux suédoises à suivre.

    "First Aid Kit" est un groupe suédois  composé des deux sœurs Johanna et Klara Söderberg, nées respectivement  en 1990 et en 1993.

    A partir de 2005 elles commencent à s’intéresser à la musique folk, elles découvrent Bob Dylan, et des artistes plus anciens, comme la Carter Family.

    Filles d’un père musicien, les deux jeunes sœurs ont signé leur premier contrat aux âges de 17 et 14 ans. Leur premier album "The Big Black and the Blue ", sortira en 2010.

    Mais c'est avec  "The Lion’s Roar" (2012), que First Aid Kit a réellement trouvé son style . Un son original avec un mélange de pop, de folk, sans oublier des harmonies vocales que ne renieraient pas les Everly Brothers. 

    Sur cet album, le morceau "Emmylou" avait marqué les esprits.

    La reconnaissance internationale acquise, leur troisième album "Stay Gold", est sortie en juin 2014. A noter que le titre  est inspiré d’un poème de l'américain Robert Frost.

    L'album produit par Mike Mogis possède un son original. Les cordes y sont très présentes, comme sur le premier morceau "My Silver Lining", qui fait étrangement penser au sublime "Kathleen" de Tomes Van Zandt".

    Les puristes de la musique folk peuvent être déconcertés par le style plus étoffée et moderne  de  "First Aid Kit" . Mais à chacun de se faire son avis.

     

     


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